Regen n°73 : Denza dépasse Tesla et Ferrari à prix réduit, BYD s’allie au PSG et engage un ex-ministre, Xpeng promet de bouleverser le marché, et l’Angleterre instaure une taxe sur l’électrique

Thomas Renaud

Denza frappe fort avec sa nouvelle supercar électrique en France, surclassant Tesla et Ferrari à un tarif défiant toute concurrence. Dans un mouvement stratégique notable, BYD renforce sa présence européenne en s’associant avec le PSG et en recrutant un ancien ministre, signe d’une volonté d’ancrage politique et sportif. Pendant ce temps, Xpeng prépare une offensive avec un SUV compact à tarif agressif, destiné à bousculer les généralistes traditionnels. Sur un autre front, le gouvernement britannique prépare une taxe kilométrique sur les véhicules électriques, une décision qui pourrait faire écho en France. Une édition dense où se mêlent innovation, partenariat et régulation.

  • Denza dépasse Tesla et Ferrari avec sa supercar électrique affichée à moins de 190 000 euros pour plus de 1 600 chevaux.
  • BYD officialise une collaboration avec le PSG et donne un signe fort en intégrant un ex-ministre des Affaires étrangères à son équipe.
  • Xpeng lance un SUV électrique compact à moins de 35 000 euros, une offre qui risque de séduire le marché européen face aux généralistes.
  • Le Royaume-Uni instaure une taxe électrique au kilomètre, une mesure qui pourrait inspirer d’autres pays européens.
  • VW enfin lance son ID.Polo électrique à moins de 25 000 euros, desserrant la vis sur le segment des citadines électriques abordables.

Denza : une supercar électrique qui bouleverse la concurrence à prix réduit

La marque Denza, filiale premium du géant BYD, s’est récemment illustrée avec le lancement de sa supercar électrique — la Denza Z. Disponible en France à un prix oscillant entre 156 300 et 189 600 euros, ce modèle offre des caractéristiques rares sur le marché, notamment une puissance impressionnante de 1 604 chevaux et une accélération de 0 à 100 km/h réalisée en seulement 2,25 secondes. Cette performance place Denza non seulement en compétition avec Tesla, mais aussi avec le mythe italien Ferrari, à une fraction du prix habituel.

Ce positionnement tarifaire interpelle, surtout quand on observe qu’une Porsche 911 coûte bien plus cher, sans compter le malus écologique français qui peut atteindre 80 000 euros, ce que Denza évite grâce à son modèle électrique. Cette offre s’annonce ainsi comme une option enthousiasmante pour les amateurs de haute performance. Malgré tout, des spécialistes du secteur expriment une réserve sur cette stratégie : les passionnés fortunés des supercars seraient souvent réticents à l’électrique et privilégiant le son et la mécanique des moteurs thermiques. Il semblerait donc que Denza cherche à s’imposer sur ce segment pour des raisons plus liées à l’image et au prestige de marque qu’à une réelle attente client.

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Un autre point de divergence dans l’approche Denza est la puissance extrême proposée, qui quadruple presque les chevaux d’une Porsche 911, mais qui resterait largement sous-utilisée pour une conduite au quotidien. On peut penser qu’un choix plus modéré en termes de puissance, avec un tarif entre 70 000 et 80 000 euros, attirerait davantage la clientèle des propriétaires de Tesla Model 3 Performance ou de Porsche Taycan, convaincus par l’électrique mais pas forcément prêts à investir dans une supercar de luxe.

En tout cas, cette Denza Z démontre que le constructeur chinois ne manque pas d’ambition : alors que Tesla promet depuis presque dix ans son Roadster 2, la Z est déjà prête, incarnant un coup de massue pour les rivaux traditionnels. Ce lancement a été salué par un volume déjà significatif de précommandes — plus de 1 000 en 24 heures — ce qui montre un réel intérêt, voire une curiosité, pour cette nouvelle proposition.

BYD s’allie au PSG et engage un ex-ministre pour renforcer sa visibilité et son influence

En plus de ses avancées technologiques, BYD marque des points sur le terrain des partenariats et du rayonnement. La signature d’un partenariat officiel avec le Paris Saint-Germain témoigne de la volonté du constructeur chinois de s’ancrer durablement en Europe, en exploitant la popularité du football. Cette entente s’inscrit dans la continuité des partenariats chinois dans le football européen, à l’image de Manchester City, permettant à BYD de capitaliser sur l’audience massive du club parisien.

Par ailleurs, le recrutement de Peter Szijjarto, ancien ministre hongrois des Affaires étrangères, au sein des équipes stratégiques de BYD est un signe fort. Ce « pantouflage politique » indique que BYD souhaite mieux naviguer dans les méandres du contexte réglementaire et diplomatique européen tout en améliorant son implantation. Cette adaptation peut être perçue comme une démarche proactive face aux tensions commerciales avec l’Union européenne, qui maintient des taxes sur les véhicules chinois, notamment les électriques.

Les enjeux sont multiples : renforcer la légitimité du constructeur, améliorer sa compréhension des marchés locaux, et anticiper les évolutions normatives. Ce choix mérite une attention particulière, puisqu’il illustre une maturité nouvelle du secteur automobile électrique chinois, sorte de diplomatie industrielle passant par les figures politiques expérimentées. Cette stratégie peut, à terme, catalyser de nouveaux accords ou faciliter l’acceptation des modèles BYD, y compris Denza, sur le marché européen.

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En résumé, BYD exploite sa maîtrise industrielle en poussant simultanément des actions de communication et politiques, renforçant ainsi ses chances de conquérir durablement les marchés européens confrontés à une compétition intense.

Xpeng : une nouvelle offre électrique ambitieuse qui bouscule les généralistes

Le constructeur chinois Xpeng s’immisce désormais dans le segment des SUV compacts avec le L03, un modèle de 4,65 mètres de long disponible en France à un prix attractif de 34 990 euros. Ce positionnement tarifaire est un signal fort : Xpeng entend concurrencer frontalement les marques généralistes européennes, souvent cantonnées à des gammes plus chères ou moins équipées.

Par exemple, un Français en quête d’un véhicule électrique milieu de gamme à un tarif accessible peut désormais considérer le L03 comme une alternative très sérieuse face aux Renault, Peugeot ou Volkswagen, qui dominent encore ce segment. Le rapport qualité-prix pourrait donc modifier le paysage, d’autant que Xpeng apporte des technologies avancées et une autonomie adaptée à un usage quotidien polyvalent.

Cette offensive se produit dans un contexte où certains constructeurs européens sont invités à accélérer la transition énergétique sans sacrifier la rentabilité ou les volumes de ventes. Les tarifs proposés par Xpeng sont très étudiés pour capter un public large, qui privilégie un véhicule pratique, confortable et technologique, sans pour autant vouloir compromettre le budget.

Les avantages combinés d’un SUV compact, d’une batterie performante et d’un tarif compétitif s’inscrivent bien dans la tendance actuelle du marché automobile français, où les ménages recherchent avant tout une électromobilité accessible sans compromis notable. Reste à observer comment les réseaux de distribution et de service après-vente s’adapteront à cette nouveauté pour assurer une satisfaction durable.

La taxe électrique anglaise : quelle incidence pour le marché européen ?

Le Royaume-Uni s’apprête à instaurer, dès avril 2028, une taxe au kilomètre pour les véhicules électriques. Cette mesure vise à compenser la perte de recettes liée à la baisse progressive de la taxe sur les carburants mécaniques (TICPE en France). En effet, avec la croissance du parc électrique, les recettes issues des taxes traditionnelles se réduisent, obligeant le gouvernement britannique à repenser sa fiscalité automobile.

Concrètement, cette taxe kilométrique signifie que les conducteurs de véhicules électriques devront contribuer financièrement en fonction du nombre de kilomètres parcourus. Cette approche vise à répartir équitablement le coût des infrastructures routières, indépendamment de la nature du véhicule. Cette décision pourrait constituer un précédent majeur en Europe, où la question du financement des routes devient un sujet brûlant.

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La France observe cette évolution avec attention. Les débats sur une taxation similaire pourraient s’intensifier, à mesure que le parc électrique s’étoffe et que les pertes de recettes fiscales s’accentuent. Ce sujet suscite des interrogations chez les élus comme chez les usagers qui s’interrogent sur l’équilibre entre encouragement à la transition énergétique et maintien des ressources publiques.

D’un point de vue pratique, imposer une telle taxe nécessitera des systèmes de suivi fiables et respectueux de la vie privée, un défi technologique et éthique pour les autorités. La mise en place de cette taxe devra aussi tenir compte des disparités territoriales, notamment entre zones urbaines et rurales, où la mobilité électrique n’est pas toujours aussi développée.

La montée en gamme électrique chez Volkswagen et Audi face à la compétition chinoise

Après une longue attente, Volkswagen lance enfin les commandes de son ID.Polo électrique à 24 995 euros. Ce modèle compact, équipé d’une batterie LFP de 37 kWh, promet une autonomie satisfaisante pour un usage urbain. Le lancement s’accompagne déjà d’une promotion de 3 000 euros sur son petit SUV, l’ID.Cross, illustrant la stratégie du groupe visant à faire évoluer concurrentiellement son offre électrique accessible.

En parallèle, Audi prépare l’arrivée de son A4 e-tron, prévue pour 2028. Cette berline électrifiée sur une nouvelle architecture électrique vise à s’imposer dans un segment où Audi est attendu depuis longtemps, en particulier face aux références comme Tesla Model 3 ou BMW i3. Le retard sur ce segment est noté, mais le constructeur mise sur une technologie renouvelée et le prestige de la gamme A4 pour séduire.

Le marché européen voit également Land Rover planifier un Range Rover Velar totalement électrique pour rivaliser avec les BMW iX3 ou Volvo EX60, ce qui confirme l’étendue des efforts des constructeurs traditionnels pour contrer l’expansion chinoise qui est devenue un facteur déterminant.

Cependant, à Sant’Agata, Lamborghini annonce une mise en veille de son modèle 100 % électrique qui ne devrait pas arriver avant 2030, illustrant des options stratégiques différentes dans le luxe. En parallèle, Alfa Romeo continue son développement avec un futur SUV compact attendu fin 2027, dans le régime modéré propre à la marque.

  • Lancement officiel de la Denza Z à un prix défiant la concurrence haut de gamme
  • BYD signe un partenariat sportif majeur avec le PSG pour accroître sa visibilité
  • Xpeng innove dans le segment SUV compact avec une offre très compétitive
  • Le Royaume-Uni introduit une taxe électrique basée sur les kilomètres parcourus, un modèle économique inédit
  • Volkswagen et Audi renforcent leur gamme électrique pour contrer les avancées asiatiques