« Perseverare diabolicum » : l’édito du rédacteur en chef

Léo

« perseverare diabolicum » : l'édito du rédacteur en chef

La série D’argent et de sang, diffusée sur Canal+, raconte l’histoire d’un escroc qui réussit à dérober plus de 280 millions d’euros à l’Etat à la fin des années 2000. Il est amusant de voir ce petit arnaqueur, incarné par Ramzy Bedia, illétré et vantard, profiter des avantages de la nouvelle bourse des quotas carbone, même si cela manque de crédibilité.

Les erreurs du passé se répètent

Il est surprenant de constater que malgré le changement des noms des personnes impliquées, l’histoire reste véridique. Les autorités de l’époque étaient tellement obsédées par la question du CO2 qu’elles en ont oublié de garantir la sécurité. Le protagoniste de cette affaire n’était pas le seul à en profiter, et l’État aurait ainsi perdu 1,6 milliard d’euros en moins d’un an !

Pourtant, pourquoi cette digression cinématographique ? Eh bien, cette scène où une ministre (plus vraie que nature) se félicite de l’ouverture du marché des quotas carbone sans vraiment comprendre de quoi il s’agit me rappelle malheureusement la période actuelle.

Certains acteurs politiques de l’époque ont l’honnêteté de reconnaître qu’ils ont commis de graves erreurs en dieselisant les villes et en se laissant dépouiller comme des amateurs. Mais ils trouvent une excuse facile : à l’époque, on ne connaissait pas bien la question du CO2. Pourtant, l’avantage d’être au gouvernement est qu’on peut s’entourer d’experts et de conseillers à volonté, mais passons. On ne les y reprendra plus, c’est entendu.

Malheureusement, quinze ans plus tard, rien n’a changé. Les mêmes erreurs sont répétées avec cette obsession aveuglante du CO2 et cette arrogance face à l’automobile. Ainsi, la plupart de nos politiciens s’expriment et légifèrent sur l’automobile sans avoir la moindre connaissance en la matière, et cela va jusqu’au sommet de l’État. Vous pensez que j’exagère ? Regardez ce CV. Je suis un homme politique français né à Paris et diplômé de l’ENA (en d’autres termes, un homme politique français). De 2014 à 2016, j’ai travaillé sur les Affaires européennes au sein du cabinet du ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Lorsque ce dernier est devenu président, je suis devenu son conseiller Europe à l’Élysée. J’ai ensuite été nommé secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, et ainsi de suite. En juillet 2022, il était donc tout naturel qu’on me propose le poste de ministre… des Transports. C’est ainsi que j’ai reçu cette semaine un e-mail du service de presse de Clément Beaune, se félicitant du lancement d’un programme visant à moderniser les routes (et ce n’est pas fini !) … pour réduire leur impact sur l’environnement. L’erreur est humaine, mais persister dans l’erreur est diabolique.

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