Bien que 90 % des distributeurs soient pessimistes quant à l’avenir de l’automobile, Marc Bruschet, président de la branche distribution de Mobilians, partage ces préoccupations sans pour autant céder au fatalisme. Il souligne l’importance de rester vigilant, tout en affirmant que la vente au détail demeure cruciale face aux défis actuels d’ordre industriel, politique et social.
Un Secteur en Crise Mais Pas Condamné
Le marché automobile français traverse actuellement une période difficile, marquée par un pessimisme généralisé parmi les dirigeants de la distribution. Selon un baromètre de confiance publié en mars, 90 % de ces dirigeants expriment des inquiétudes quant à la situation actuelle, et près des deux tiers sont préoccupés par l’avenir de leurs entreprises. Marc Bruschet, président de Mobilians, partage cette vision pessimiste mais tempère néanmoins les craintes d’une condamnation inéluctable du secteur. Après cinq années de crise, l’année 2025 s’annonce incertaine avec une baisse continue des commandes depuis août 2024. Cependant, Bruschet reste convaincu que le marché n’est pas condamné et pourrait rebondir.
Les Défis du Marché et les Solutions Possibles
Marc Bruschet souligne que le taux d’épargne élevé des Français, qui dépasse 18 %, est symptomatique d’une réaction exagérée à un contexte macroéconomique morose. Il préconise une plus grande clarté dans les politiques commerciales des constructeurs, avec des offres simples comme des loyers sans apport initial. Bruschet critique également la fiscalité actuelle, qualifiée de punitive, qui freine l’achat de véhicules, notamment électriques. Pour stimuler le marché, il suggère de revoir la prime à la conversion pour favoriser le remplacement de véhicules anciens par des modèles plus récents et moins polluants.
Les normes européennes sont aussi pointées du doigt pour avoir contribué à l’inflation des prix des véhicules. Bruschet appelle à une adaptation des réglementations aux usages réels des véhicules pour éviter une surcharge de coûts inutiles. Il estime que la clause de revoyure de 2026, prévue dans le cadre du règlement européen sur les émissions de CO2, est une opportunité pour réajuster les objectifs de manière réaliste.
En conclusion, bien que le secteur automobile français soit en difficulté, Marc Bruschet reste optimiste quant à un éventuel redressement, à condition de revoir certaines politiques et d’adapter les réglementations aux réalités du marché.
