Supertest : Smart #5 – Analyse complète des temps de recharge et de trajet lors de notre essai

Thomas Renaud

Le Smart #5 débarque sur le segment des SUV électriques avec des caractéristiques qui attirent l’attention, notamment en matière de recharge et d’autonomie. Avec une batterie de 94 kWh et une puissance de charge pouvant atteindre 400 kW, ce SUV chinois grand format joue clairement dans la cour des grandes performances. Notre analyse détaillée relate les temps de recharge réels, les consommations sur route et l’expérience durant un trajet long de 500 km. Cette synthèse sur les performances du Smart #5 met en lumière les compromis entre puissance, silence de fonctionnement et coût d’utilisation, afin de mieux comprendre à quoi s’attendre au volant d’un véhicule électrique de cette envergure.

En bref

  • Puissance de recharge exceptionnelle : 10 à 80 % en seulement 15 minutes grâce à une borne Electra-Alpitronic de 400 kW.
  • Autonomie réelle variable : de 340 km sur autoroute avec une consommation de 27,5 kWh/100 km à 440 km sur parcours mixte.
  • Coût d’utilisation élevé : jusqu’à 17,4 €/100 km sur autoroute en recharge rapide publique facturée à 0,59 €/kWh.
  • Performances silencieuses : refroidissement efficace sans ventilateurs bruyants, un atout technique marquant.
  • Temps de trajet optimisés : 500 km parcourus en 4 h 36 avec un seul arrêt de recharge de 12 minutes.

Puissance de recharge et courbe relevée durant notre Supertest Smart #5

Le Smart #5 ne se contente pas d’une batterie généreuse, il est équipé pour affronter les défis de la recharge ultra-rapide. Officiellement, il peut encaisser jusqu’à 400 kW, une valeur rare qui place ce SUV dans la catégorie des véhicules électriques avec les meilleures capacités de recharge sur le marché.

Lors de notre essai, la recharge de 10 à 80 % s’est réalisée en 15 minutes sur une borne 400 kW Electra-Alpitronic. Ce chrono est remarquable, surtout si l’on considère les volumes en jeu : une batterie haute capacité de 94 kWh. Pendant cette plage de recharge, la puissance moyenne atteinte était de 282 kW, un score remarquable quand on sait qu’un Audi Q6 e-tron plafonne à environ 196 kW sur les mêmes équipements.

Après avoir franchi les 80 %, la puissance diminue, mais reste tout à fait impressionnante avec une puissance de maintien autour de 195 kW. Pour passer de 80 à 100 %, il faut environ 11 minutes, totalisant un ravitaillement complet en 30 minutes. Grâce à une gestion thermique efficace, ce processus se fait en silence quasi complet. Cette discrétion est particulièrement appréciable face à d’autres modèles 800 V qui nécessitent le recours à des ventilateurs bruyants pour refroidir la batterie.

Lire aussi :  Grand spectacle au Monte-Carlo lors du Championnat du monde des rallyes

Il faut noter que la puissance de recharge est parfois impactée selon la borne utilisée. Par exemple, sur une borne Engie-Siemens limitée à 300 kW, le temps de recharge 10-80 % grimpe à 17 minutes, tandis que sur une borne avec 175 kW, il faut compter 24 minutes. Un point important à savoir consiste en la compatibilité limitée avec les Supercharger Tesla 400 V : un convertisseur intégré bride la puissance à 68 kW, ce qui rallonge considérablement les temps de recharge (près de 57 minutes entre 10 et 80 %). De ce fait, ces Supercharger restent peu adaptés au Smart #5.

Comparaison avec d’autres SUV électriques contemporains

Face au XPeng G6 Performance qui charge 10 à 80 % en 15 minutes également mais avec une puissance moyenne plus élevée (302 kW), le Smart #5 se positionne parmi les meilleurs SUV sur ce point. Il partage sa seconde place avec la Lotus Emeya S. En revanche, le coût de recharge reste un facteur à prendre en compte, notamment lorsque la forte consommation électrique du Smart #5 entre en ligne de compte.

Cette capacité rapide dès lors est un réel atout pour les conducteurs qui souhaitent minimiser leur temps d’arrêt lors d’un trajet routier. Ce paramètre entre d’ailleurs en ligne de compte dans la planification intelligente des arrêts, comme on le verra ci-dessous.

Consommation énergétique et autonomie réelle selon les conditions d’utilisation

Le Smart #5 se distingue avec son gabarit inhabituel dans la gamme Smart, plus proche d’un grand SUV que d’une citadine. Ses mensurations imposantes génèrent un appétit électrique sensible.

Sur un parcours mixte, la consommation mesurée est de 21,3 kWh/100 km, traduisant une autonomie possible de 440 km. En revanche, sur autoroute, la vitesse et le poids font rapidement grimper la consommation, évaluée à 27,5 kWh/100 km, ramenant l’autonomie à environ 340 km réels. Ce recul est significatif, mais reste dans la moyenne des SUV électriques actuellement disponibles.

Pour ceux qui optent pour une conduite essentiellement urbaine ou périurbaine, l’autonomie annoncée selon le protocole WLTP est de 540 km, avec une consommation portée à 19,9 kWh/100 km, valeur relativement basse au regard de la capacité de la batterie de 94 kWh. Cette donnée reste à relativiser, notamment en prenant conscience que les cycles WLTP sont théoriques.

Sur des trajets longs, cette évidence fait toute la différence dans la gestion des pauses recharge. Prenons l’exemple d’un trajet Lyon-Paris exclusivement autoroutier : la consommation accumulée ramène l’autonomie théorique à 340 km, ce qui impose un arrêt bien calibré, fréquemment sur des bornes haute puissance afin d’optimiser durée et distance.

Lire aussi :  Essai du Xpeng G9 : Victor livre son verdict après 2500 km d’aventure

Ces paramètres mettent en lumière des questions de mobilité et budget d’utilisation, sensibles à tout utilisateur de véhicule électrique. La consommation plus élevée entraîne un coût à la recharge en borne rapide plus important que chez d’autres modèles plus efficients. Prenons un chiffre : la recharge sur borne rapide publique peut atteindre un tarif moyen de 0,59 €/kWh. Sur autoroute cet usage revient ainsi à environ 17,4 €/100 km, une facture à intégrer dans son budget auto.

Les répercutions budgétaires de la recharge sur le long terme

Au regard de cette consommation et du tarif énergétique, il est opportun d’envisager des solutions afin de réduire le coût kilométrique : un abonnement dédié auprès des fournisseurs de recharge publique peut offrir de substantielles économies. Aussi, la recharge à domicile avec un tarif plus doux autour de 0,195 €/kWh permet de ramener la facture à environ 5 à 6 €/100 km sur parcours mixte. Bien sûr, cela implique une installation adaptée, qualité désormais accessible à de nombreux automobilistes grâce aux dispositifs actuels.

La recharge en courant alternatif à 22 kW, proposée par la voiture, offre un bon compromis entre temps et coût, avec une recharge complète en moins de 4 heures. Cela correspond à un budget de 10,8 €/100 km, bien inférieur aux tarifs pratiqués sur autoroute. Ces alternatives restent des leviers intéressants pour les conducteurs régulièrement sur le long terme qui souhaitent maîtriser leurs dépenses.

Gestion des temps de trajet et planification lors de notre essai sur 500 km

Un des points essentiels pour un SUV électrique destiné aux déplacements sur longue distance réside dans la gestion des pauses recharge. Le Smart #5 embarque un planificateur d’itinéraire proposant un ravitaillement unique à 300 km du départ avec un arrêt de recharge estimé à 13 minutes. Le profil de route envisagé permet donc de parcourir 500 km avec un seul arrêt rapide.

Dans les faits, notre stop s’est déroulé sur une aire dotée d’une borne Engie-Siemens plafonnée à 300 kW, nécessitant 12 minutes pour passer de 10 % à 65 % de batterie. Cette durée a permis de repartir avec suffisamment d’autonomie pour atteindre Paris, 200 km plus loin, avec encore 20 % de charge disponible.

En calculant les temps de conduite et en attribuant 4 minutes au ravitaillement, le trajet s’est bouclé en 4 h 36, un chiffre très proche de celui annoncé par le système. Une curiosité concerne la possibilité de viser un seuil d’autonomie plus conservateur : réduire la charge à seulement 50 km d’autonomie restante (10 %) fait gagner deux minutes sur la recharge, pour un temps total de trajet de 4 h 34. Cette optimisation rapide parle d’elle-même.

Pour un trajet de 1 000 km (aller-retour Paris-Lyon), trois pauses recharge sont nécessaires, totalisant 37 minutes d’arrêt. Le véhicule maintient ainsi de bonnes performances en conditions réelles malgré son gabarit et sa puissance électrique élevée.

  • Planificateur connecté: un seul arrêt à 300 km prévu sur l’itinéraire.
  • Puissance de charge effective: 300 kW sur les bornes Engie-Siemens utilisées.
  • Durée d’arrêt: autour de 12 minutes pour une recharge rapide.
  • Temps total sur 500 km: 4 heures 36 minutes.
  • Autonomie résiduelle sécurisée: recharge jusqu’à 65 % avant de repartir.
Lire aussi :  Grand Prix de Chine 2026 : Suivez en direct les qualifications et découvrez le pilote en pole position !

Différentes versions du Smart #5, tarifs et recommandations pour l’utilisateur

Le Smart #5 est décliné en plusieurs versions, avec des capacités et autonomies variées, à partir de 46 600 € pour la version Pro équipée d’une batterie 400 V de 76 kWh capable d’assurer une autonomie de 465 km. La version Pro+ intègre la batterie 800 V de 94 kWh dont les performances ont été analysées ici. Son tarif démarre à 51 600 € et promet une autonomie théorique de 590 km. Quant à la Summit Edition du test présenté, elle n’est plus commercialisée et a été remplacée par la Pulse proposée à 56 100 €.

Au volant, la version avec la grosse batterie se distingue par sa puissance de recharge et son aisance sur longues distances. C’est un choix pertinent pour ceux qui envisagent un usage régulier sur autoroutes et longs trajets, car elle permet un positionnement intéressant en termes de temps de recharge et de distance à parcourir entre deux stops.

Cependant, il faut garder à l’esprit le prix d’usage élevé, la consommation élevée et son impact sur l’autonomie réelle selon les conditions. Pour les usagers qui effectuent majoritairement des déplacements urbains, la version 400 V peut apparaître plus adaptée, avec un coût total global inférieur, notamment grâce à des charges majoritairement en courant alternatif, moins onéreuses.

Enfin, la prudence est de mise concernant les aides à la conduite d’après les retours utilisateurs : elles peuvent se montrer trop intrusives et gênantes lors d’un voyage autoroutier, affectant la fluidité et le plaisir de conduite.

Pour approfondir sur les évolutions des batteries et la recharge rapide, consulter l’article récent sur les avancées dans les technologies de recharge et batteries chez BYD apporte un éclairage complémentaire sur ces innovations clés.

Perspectives sur l’intégration de la recharge rapide dans un usage quotidien et futur du Smart #5

Le cas du Smart #5 illustre les défis rencontrés lorsque des véhicules électriques à forte capacité cherchent à intégrer dans le quotidien une recharge ultra-rapide. Ces progrès semblent atteints avec la recharge de 10 à 80 % en 15 minutes. Mais attention, le réseau des bornes rapides, leur compatibilité et la gestion thermique ne garantissent pas des performances similaires à chaque fois.

Une solution plébiscitée pour un usage domestique repose sur la recharge à domicile, modulée selon les besoins et la capacité des infrastructures personnelles. Cela limite l’impact financier et améliore la disponibilité du véhicule sur les plages horaires quotidiennes. Le choix d’une installation de qualité, avec une charge jusqu’à 22 kW, optimise le temps passé à recharger tout en maîtrisant le poste de dépense énergétique. Pour mieux comprendre ce paysage, la lecture de l’analyse sur la recharge à domicile des véhicules électriques complète utilement ce panorama.

Les tests réalisés confirment que ce Smart #5, avec une gestion intelligente de la recharge et une planification rigoureuse des arrêts, peut répondre aux attentes d’un utilisateur recherchant un équilibre entre performance et praticité.