Smart fait peau neuve avec le SUV électrique #5, une voiture qui repense la mobilité urbaine et familiale avec une autonomie qui intrigue autant qu’elle interpelle. Entre une batterie massive, une puissance impressionnante et une promesse d’autonomie respectable, ce modèle suscite autant d’espoirs que de questions concernant son efficacité réelle. Nous avons mené un supertest approfondi pour évaluer les consommations et les autonomies dans des conditions variées, offrant ainsi un éclairage factuel sur cette voiture électrique aux ambitions XXL.
En bref :
- Le Smart #5 se distingue par une batterie de près de 100 kWh et une puissance de 588 chevaux.
- Son autonomie WLTP atteint 540 km, mais en usage réel elle se stabilise autour de 440 km en mixte.
- Sa consommation à haute vitesse dépasse les 30 kWh/100 km, impactant l’autonomie en parcours autoroutier.
- Le SUV propose une recharge ultra-rapide jusqu’à 400 kW, permettant un plein de 10 à 80 % en seulement 18 minutes.
- Le Smart #5 affiche des performances solides, mais sa puissance massive est peu exploitée sur route en raison des aides électroniques.
- Le confort à bord est important malgré quelques maladresses d’ergonomie, notamment sur les écrans et aides à la conduite.
Consommations mesurées et autonomie réelle du Smart #5 : données et enjeux
Le SUV Smart #5, bien que massif et puissant, plonge directement au cœur des débats sur la consommation électrique en 2026. Sa batterie brute de 100 kWh (94 kWh utiles officiellement, mais légèrement supérieure d’après nos calculs) est une des plus généreuses du segment. Pourtant, la réalité de son appétit énergétique surprend parfois.
Sur notre boucle de test de 100 km à une température douce de 15 °C, l’engin affiche une consommation moyenne de 21,3 kWh/100 km. Si ce chiffre semble élevé aux yeux des conducteurs habitués à des voitures plus compactes ou aérodynamiques, il est à replacer dans le contexte d’un SUV familial de 2 345 kg, offrant un confort et une puissance rares dans cette catégorie.
Pour mieux comprendre cette consommation, voici un aperçu détaillé selon les environnements :
- Ville : 17,2 kWh/100 km, une valeur contenue compte tenu des dimensions et masse du véhicule.
- Route : 20,3 kWh/100 km, où le profil routier et la vitesse jouent contre la consommation.
- Voie rapide : Cette catégorie grimpe à 23,5 kWh/100 km, alimentée par une vitesse soutenue.
Cette diversité d’usage impacte directement l’autonomie que le Smart #5 peut proposer au quotidien. Avec une autonomie WLTP théorique annoncée à 540 km, il faut ici considérer qu’en usage mixte, la distance couvertible se rapproche plus de 440 km, un chiffre qui reste respectable malgré l’appétit visible du véhicule. Comparativement, d’autres véhicules électriques dans la gamme des SUV familiaux, comme le Mercedes GLC 2026 SUV ou le Peugeot e-3008, affichent des consommations et autonomies plus équilibrées, questionnant les choix technologiques autour du Smart #5.
Recharge ultra-rapide et technologie de batterie : quelles innovations ?
Le Smart #5 repose sur une plateforme SEA3 développée par Geely, connue pour sa modularité et son adaptation aux grandes batteries. La batterie de 100 kWh fonctionne sous une architecture en 800 volts, offrant des vitesses de recharge très élevées. Concrètement, ce système permet d’accélérer le temps de recharge sur borne rapide DC jusqu’à un maximum de 400 kW.
Cette puissance est un avantage tangible pour les usagers en déplacement, puisque le remplissage de 10 à 80 % ne prend que 18 minutes. Une performance qui se distingue nettement face à la moyenne des SUV électriques du marché, comme le BYD Sealion 7 ou certains modèles de Volvo, dont l’infrastructure de charge est moins agressive.
La recharge en courant alternatif (AC) est plus modeste, plafonnant à 22 kW pour un temps total de 5h30 de 10 à 100 %. Ce temps, bien que classique, reste adapté à une utilisation domestique et aux routines de recharge nocturne, lorsque le véhicule n’est pas sollicité.
Ce couple batterie-puissance offre aussi une gestion thermique essentielle pour conserver le niveau de performance sans compromettre la longévité des cellules, ce qui devient une priorité pour un usage familial où la fiabilité doit primer sur la seule performance brute.
Des performances au service de l’efficacité énergétique ? Analyse poussée
Le Smart #5 propose une puissance combinée de 588 chevaux, mais la puissance administrative officielle hors pics est plus basse, autour de 166 chevaux, un chiffre qui impacte la fiscalité et l’immatriculation en France, offrant un avantage économique notable face à des modèles sportifs comparables. La puissance maximale délivrée atteint 432 kW (588 ch) et le couple s’élève à 643 Nm, assurant des accélérations franches.
Dans les faits, le 0-100 km/h s’effectue en 4,5 secondes en mode Sport, tandis que le mode Confort allonge ce temps à 8,8 secondes. Cette plage permet d’adapter le véhicule à différents styles de conduite, mais cette puissance record ne trouve pas toujours justification dans un usage familial classique. Les aides et limitations électroniques posent leurs limites, notamment en sortie de virage où la voiture modère la puissance si l’angle du volant est trop marqué.
Cette puissance importante, associée à un poids conséquent de plus de 2,3 tonnes, se traduit par un rapport poids/puissance finalement équilibré, à 4,14 kg/ch, ce qui reste une bonne référence parmi les SUV électriques contemporains. En comparaison, des modèles comme la Lotus Emeya S ou le Maserati Grecale Folgore affichent des ratios similaires, montrant que la Smart #5 n’est pas seulement un SUV urbain mais une voiture capable d’affronter des usages exigeants.
Cependant, cette puissance ne se traduit pas forcément en efficacité énergétique optimale. Dans des tests à vitesse constante, la consommation varie fortement :
- 70 km/h : consommation mesurée à 16,5 kWh/100 km.
- 90 km/h : celle-ci grimpe à 20,1 kWh/100 km.
- 110 km/h : la consommation atteint déjà 24,8 kWh/100 km.
- 130 km/h : en limite de vitesse, la voiture consomme 30,5 kWh/100 km.
L’aérodynamisme, avec un coefficient de traînée de 0,32 et une silhouette imposante, joue ici un rôle déterminant dans ces résultats. Un poids élevé, combiné à une technologie bien maîtrisée mais gourmande, a donc une incidence directe sur l’autonomie en usage rapide.
Gestion du freinage et récupération d’énergie : performances et modes disponibles
Le Smart #5 se montre déjà performant en freinage, un point important pour la sécurité et le ressenti de conduite sur un véhicule lourd. Dès 130 km/h, la distance d’arrêt varie de 59,3 mètres en mode S-Pedal, à 62,3 mètres en mode régénération faible, ce qui est remarquable pour un poids dépassant les 2 300 kg.
Trois modes de récupération d’énergie sont proposés :
- Mode faible, laissant le véhicule avancer sur son élan, avec une résistance minime avant freinage naturel.
- Mode fort, offrant une régénération plus active, freinant la voiture dès la décélération.
- Mode S-Pedal ou One-Pedal, qui stoppe complètement la voiture et maximise la récupération d’énergie.
La fonction One-Pedal est particulièrement utile en usage urbain, rendant la conduite fluide et réduisant l’usage des freins classiques. Sur un parcours comprenant 600 mètres de dénivelé, la récupération atteint un taux de 20 %, au-delà de la moyenne de 16 % constatée sur des véhicules similaires. Cette efficacité contribue à compenser quelque peu l’appétit énergétique du SUV.
Confort à bord et vie quotidienne : un SUV électrique pour la famille
Avec un empattement de 2,90 mètres et des dimensions de 4,71 m de longueur pour 1,92 m de largeur, le Smart #5 se positionne comme un modèle spacieux. Les passagers arrière bénéficieront d’un espace aux jambes généreux, un point souvent négligé par certains concurrents directs. La configuration intérieure, malgré un mobilier peu enveloppant à l’avant, privilégie un environnement de vie confortable.
Le tableau de bord numérique, doté d’un écran large et incliné vers le conducteur, séduit par sa modernité mais souffre d’un manque d’ergonomie. Sa position oblige souvent à un léger ajustement pour une lecture optimale, et les reflets du soleil peuvent gêner selon l’heure de la journée. Ce contraste illustre les défis rencontrés dans la conception technologique des habitacles actuels.
Pour ce qui est des aides à la conduite, l’expérience est moins convaincante. Le régulateur adaptatif conserve la lecture des panneaux, mais sa fiabilité sur les routes françaises laisse à désirer. Dans plusieurs cas, il a provoqué des freinages brusques basés sur des panneaux fantômes. Ce défaut a conduit à la décision de ne plus utiliser ce système lors de longs trajets sur autoroute.
Malgré ces aspects perfectibles, le Smart #5 se montre joyeux compagnon pour la mobilité familiale, offrant un habitacle accueillant et un confort de conduite notable. Il reste cependant indispensable de garder en tête l’impact de sa puissance élevée sur la consommation, surtout dans les usages quotidiens et les trajets régionaux.
Pour ceux qui envisagent un SUV électrique familial, il est pertinent de comparer les performances et consommations avec d’autres modèles hybrides ou électriques, notamment dans le contexte des ventes croissantes de véhicules électriques en Europe. Les alternatives ne manquent pas, comme le Toyota Land Cruiser V6 hybride hybride ou les nouveaux SUV hybrides français, offrant différents équilibres entre puissance, consommation et autonomie.