Volvo EX90 : Le SUV électrique premium qui tourne au fiasco technologique

Léo

volvo-ex90-le-suv-electrique-premium-qui-tourne-au-fiasco-technologique

Le Volvo EX90 devait incarner l’avenir de la marque suédoise dans l’ère électrique. Ce grand SUV haut de gamme, fort de sa plateforme SPA2 entièrement nouvelle et de ses technologies de pointe, était censé rivaliser avec les Tesla Model X et Mercedes EQS.

Malheureusement, la réalité rattrape aujourd’hui cette vitrine technologique de manière particulièrement brutale.

Depuis son lancement commercial, l’EX90 multiplie les dysfonctionnements logiciels au point qu’un propriétaire canadien a décidé d’engager une action en justice contre Volvo. Une situation qui soulève de sérieuses questions sur la stratégie du constructeur et sa précipitation à commercialiser un véhicule apparemment inachevé.

L’affaire qui fait grand bruit : un entrepreneur canadien porte plainte

Vicken Kanadjian, entrepreneur montréalais et client fidèle de Volvo, a déboursé 147 695 dollars canadiens pour un EX90 Ultra livré en mars 2024, mais n’a pu parcourir que 730 miles en raison des nombreux dysfonctionnements. Son histoire, documentée de manière méticuleuse sur le site MyVolvoEX90.com qu’il a créé spécialement, illustre parfaitement les dérives d’une industrie automobile de plus en plus pressée de commercialiser des véhicules « définis par logiciel ».

À peine trois jours après la livraison de son véhicule, les premiers problèmes sont apparus. La liste des dysfonctionnements rapportés par Kanadjian fait froid dans le dos : clés physiques et numériques défaillantes, écran central récurrent aux pannes, système de climatisation incontrôlable, défaillance des aides à la conduite, et plus grave encore, coupure brutale de l’accélération en pleine autoroute.

Lire aussi :  L’Alpine A290 édition exclusive : la reine incontestée des pistes en 2027

Le propriétaire s’est retrouvé dans l’impossibilité d’utiliser toutes les clés de son véhicule – qu’elles soient physiques, numériques ou sous forme de carte – ne pouvant compter que sur l’application smartphone de Volvo. Une situation qui transforme un véhicule de luxe à 150 000 dollars en source de stress permanent.

Un problème qui dépasse le cas isolé

Consumer Reports, l’équivalent américain de nos magazines de consommateurs, a également pointé du doigt ces problèmes après seulement 1 600 kilomètres d’essai, qualifiant le véhicule d' »inachevé » et dénonçant des logiciels bogués et des fonctionnalités inactives.

Les premiers clients européens ne sont pas épargnés non plus, certains ayant reçu leur EX90 avec deux ans de retard et dépourvu de certaines fonctionnalités promises, qui devront être installées ultérieurement par mise à jour à distance.

Sur les forums spécialisés, notamment Reddit, les témoignages similaires se multiplient. Si certains propriétaires rapportent des expériences globalement positives après plusieurs mises à jour correctives, le contraste entre utilisateurs reste saisissant et révélateur d’un produit fondamentalement instable.

Des retards de production révélateurs

Les problèmes de l’EX90 ne datent pas d’hier : dès 2023, Volvo avait dû repousser le début de production de la seconde moitié de 2023 à la première moitié de 2024, officiellement en raison de « problèmes logiciels ». Ces retards auraient dû alerter sur l’état réel du véhicule.

Même après sa commercialisation, l’EX90 continue de souffrir de défauts majeurs comme une consommation électrique anormale à l’arrêt, pouvant faire perdre jusqu’à 3% de charge lorsque le véhicule est garé. Le système LiDAR, pourtant mis en avant comme un argument de vente majeur, ne fonctionne toujours pas et attend une hypothétique mise à jour.

Lire aussi :  Un homme parcourt 2 millions de kilomètres avec sa Tesla !

Une stratégie industrielle dangereuse

Cette situation illustre parfaitement les dérives de l’approche « software-defined vehicle » adoptée par de nombreux constructeurs. L’idée de pouvoir corriger les défauts par des mises à jour à distance pousse certaines marques à commercialiser des véhicules avant qu’ils ne soient totalement aboutis, transformant les premiers clients en bêta-testeurs involontaires.

Le cas de l’EX90 rappelle d’autres précédents récents dans l’industrie. La Ford Mustang Mach-E, la Mercedes EQS ou encore certains modèles Tesla ont connu des débuts chaotiques similaires, nécessitant de longues séquences de correctifs pour atteindre un niveau de fiabilité acceptable.

Un coup dur pour l’image de Volvo

Pour Volvo, réputé pour son expertise en matière de sécurité, cette affaire représente un véritable coup dur. La marque suédoise, qui a construit sa réputation sur la fiabilité et la sécurité, voit aujourd’hui son image écornée par des problèmes de jeunesse qui auraient pu être évités.

Représenté par le cabinet montréalais Choueke Hollander, Vicken Kanadjian réclame un remboursement intégral et souhaite que Volvo soit tenue responsable de ce qu’il qualifie de « lancement produit défaillant et prématuré ». Au-delà du cas personnel, cette action pourrait faire jurisprudence et encourager d’autres propriétaires mécontents à suivre la même voie.

L’avenir de l’EX90 en question

Volvo assure que de nombreux problèmes peuvent être résolus par des mises à jour logicielles à distance. Cependant, la complexité et la récurrence des dysfonctionnements rapportés suggèrent que certains défauts pourraient nécessiter des interventions matérielles plus profondes.

La question qui se pose désormais est de savoir si Volvo parviendra à regagner la confiance de ses clients avant que sa réputation ne soit durablement entachée. À plus de 89 500 euros en France pour la version d’entrée de gamme, la tolérance des acheteurs face aux « glitches » devient rapidement limitée.

Lire aussi :  Supertests 2025 : Découvrez l’électrique la plus performante de l’année… et celle qui a le plus déçu

Cette affaire soulève également des questions plus larges sur la responsabilité des constructeurs automobiles à l’ère du véhicule connecté. Jusqu’où peut-on accepter qu’un véhicule soit commercialisé avant d’être totalement abouti ? Et comment protéger les consommateurs face à des produits de plus en plus complexes et dépendants de logiciels encore immatures ?

À retenir :

  • Le Volvo EX90, SUV électrique premium de la marque, souffre de nombreux problèmes logiciels depuis son lancement
  • Un propriétaire canadien poursuit Volvo en justice après avoir documenté de multiples dysfonctionnements sur son site MyVolvoEX90.com
  • Les problèmes incluent des pannes d’écran, des clés défaillantes, des coupures d’accélération et des systèmes de climatisation incontrôlables
  • Consumer Reports et de nombreux forums confirment que ces problèmes ne sont pas isolés
  • Cette situation illustre les dérives de la stratégie « software-defined vehicle » qui transforme les clients en bêta-testeurs
  • L’affaire représente un coup dur pour l’image de Volvo, traditionnellement associée à la fiabilité et à la sécurité