Le rééquilibrage capitalistique de l’Alliance se poursuit avec succès

Léo

Alliance Nissan Renault

Renault continue de démanteler l’Alliance signée en mars 1999. En effet, le mardi 12 décembre 2023, Renault a annoncé qu’il allait vendre 5 % de sa participation de 28,4 % dans Nissan, pour une valeur estimée à 765 millions d’euros.

Rééquilibrage capitalistique de l’Alliance : Renault cède 5% de ses actions Nissan

Renault poursuit le rééquilibrage capitalistique de l’Alliance en cédant 5% des actions qu’il détient dans Nissan au groupe nippon. Cette transaction, d’une valeur de 765 millions d’euros, réduira la participation de Renault dans Nissan de 28,4% à 23,4%. La rétrocession sera effective le 13 décembre 2023.

Cependant, cette cession devrait entraîner une moins-value pour Renault, estimée à un maximum de 1,5 milliard d’euros. Cette charge risque d’avoir un impact significatif sur le résultat net du groupe français, qui avait enregistré une marge record et deux milliards d’euros de bénéfice net au premier semestre 2023.

Effets de la transaction pour Renault et Nissan

Les 765 millions d’euros versés par Nissan viendront améliorer la position nette de liquidité de la branche automobile de Renault. De son côté, Nissan annulera ces actions afin d’améliorer le rendement des actions restantes. Le constructeur japonais dispose de solides liquidités et vise un bénéfice net de 2,4 milliards d’euros pour son exercice 2023-2024.

Dans le cadre du rééquilibrage de leur Alliance, Renault et Nissan continueront à détenir une participation croisée de 15%. Renault avait transféré le solde des actions Nissan qu’il possédait dans une fiducie française, réservant à Nissan un droit de première offre.

Les quatre patrons de l’Alliance se sont réunis le 6 décembre 2023 au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt, pour afficher leur unité malgré le détricotage de leurs liens capitalistiques et industriels. De nouveaux liens sont en train de se former, puisque Nissan et Mitsubishi vont investir dans Ampere.

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« Nous sommes revenus de loin ces quatre dernières années », a déclaré Jean-Dominique Senard, président de l’Alliance et de Renault. « Face à la crise, je n’ai pas mâché mes efforts pour m’assurer que la confiance et la transparence étaient revenues parmi nous, sans quoi nous n’aurions rien pu faire de grand (…) Maintenant on peut se concentrer sur l’opérationnel », a-t-il souligné.

« Le monde évolue très vite, on ne pouvait plus continuer comme avant. L’Alliance avait besoin de partir d’un nouveau pas », a confirmé Makoto Uchida, le patron de Nissan.

La méthode de collaboration entre les partenaires a également évolué. Au lieu de partager leurs brevets, chaque entreprise travaille désormais sur ses propres projets, en partageant des technologies et en fabriquant des véhicules pour l’autre, au cas par cas. Ces projets sont qualifiés de « bien plus importants que ceux des dernières années », « d’une bonne taille » et bien sûr « rentables », selon Luca de Meo, directeur général de Renault.