Vers une sortie de route : la filière automobile, va-t-elle ?

Léo

avenir de la filière auto

La transition vers une mobilité entièrement électrique d’ici 2035 aura un impact considérable sur l’industrie automobile. Une des conséquences prévues est une diminution de 25 % du marché automobile français d’ici 2030. Dans ce contexte, le cabinet Xerfi envisage la possibilité d’un ajustement du calendrier pour s’adapter à ces changements.

L’interdiction de la vente de véhicules thermiques en Europe en 2035 est actée

L’interdiction de la vente de véhicules thermiques en Europe à partir de 2035 est désormais confirmée, à moins de changements politiques majeurs ou de crises importantes. Cependant, cette décision aura des conséquences significatives.

Selon une étude du cabinet Xerfi, qui prévoit même une possible « sortie de route pour la filière automobile », les défis à relever sont énormes et pas encore pleinement compris.

Le cabinet se concentre principalement sur les implications pour le marché automobile, sans aborder les pertes d’emplois annoncées ni les conséquences sur la mobilité des Français.

Selon les experts et le scénario actuel pour 2035, les véhicules électriques pourraient représenter 75 % du marché en 2034. Cependant, le marché lui-même ne sera plus le même. En effet, France Stratégie prévoit déjà une chute de 25 % d’ici 2030.

Le prix des véhicules électriques reste et restera un frein pour de nombreux automobilistes pendant de nombreuses années. Les grandes ruptures technologiques annoncées, telles que les batteries solides, sont encore loin d’être largement disponibles sur le marché et leur diffusion, même d’ici 2035, ne suffira pas à changer la donne.

Face à ces constats, Xerfi estime que le calendrier actuel devra être adapté pour éviter de fragiliser complètement l’industrie automobile et d’aboutir à une sortie de route.

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Un mur d’investissements à financer

Selon Xerfi, une adaptation du calendrier européen, notamment en prolongeant l’utilisation des hybrides rechargeables (PHEV), permettrait aux constructeurs d’accumuler les ressources nécessaires pour financer cette transition vers l’électrique.

« Face au mur d’investissements qui se profile, les constructeurs ne sont par ailleurs à l’évidence pas pressés d’abandonner le thermique et l’hybride, une ‘vache à lait’ indispensable pour financer la transition vers l’électrique », indiquent les auteurs de l’étude.

Les constructeurs automobiles sont également en train de changer leur métier, en intégrant de plus en plus la filière de production des véhicules électriques. Ils investissent dans la fabrication de batteries, de moteurs électriques, de semi-conducteurs et même dans l’extraction de matières premières pour les batteries. Certains créent également des réseaux de recharge.

La transition vers l’électrique est en marche, mais la route sera longue, tortueuse et pleine de rebondissements et de surprises. Une chose est sûre : le paysage automobile de 2035 ne ressemblera pas à celui d’aujourd’hui.