Bugatti W16 Mistral : 1 600 chevaux pour l’adieu d’un moteur de légende

Léo

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Dans l’univers des supercars, certains modèles marquent une époque. La Bugatti W16 Mistral fait partie de ces créations exceptionnelles qui transcendent la simple notion d’automobile pour devenir de véritables œuvres d’art mécanique.

Limitée à seulement 99 exemplaires et affichée à 5 millions d’euros, cette ultime déclinaison roadster de la Chiron signe l’adieu du mythique moteur W16 dans une symphonie de puissance et d’élégance.

Quand la plupart des voitures françaises se contentent de 130 chevaux pour assurer des prestations honorables, la Mistral affiche fièrement ses 1 600 chevaux – soit douze fois plus qu’une voiture standard. Ce chiffre astronomique la place dans une catégorie ultra-exclusive, aux côtés de quelques rares hypercars comme la Ferrari SF90 (1 020 ch) ou la Lamborghini Revuelto (1 015 ch). Seules quelques créations encore plus extrêmes osent dépasser cette barre symbolique, à l’image de la Rimac Nevera R électrique avec ses 2 107 chevaux.

Le cœur battant de cette Mistral n’est autre que la version définitive du W16 de 8 litres, déjà utilisé sur la Chiron Super Sport 300+. Ce bloc exceptionnel développe 1 600 chevaux à 7 050 tr/min et délivre un couple colossal de 1 600 Nm de 2 250 à 7 000 tr/min. Mais la véritable prouesse technique réside dans sa gestion progressive de la puissance grâce à ses quatre turbocompresseurs qui s’enclenchent de manière séquentielle.

Le système fonctionne avec une intelligence remarquable : seuls deux turbos travaillent aux bas régimes, puis le troisième s’active à 2 800 tr/min, suivi du quatrième dans la foulée. Cette montée en puissance progressive évite l’effet « mur » que l’on pourrait redouter avec une telle cavalerie, rendant paradoxalement cette bombe roulante plus accessible qu’on pourrait l’imaginer.

Une facilité de conduite surprenante

Contrairement aux idées reçues, prendre le volant de la Mistral ne nécessite pas d’être pilote professionnel. Sa prise en main s’avère d’une facilité déconcertante, à la portée de tout détenteur d’un permis B. Cette docilité remarquable s’explique par plusieurs facteurs techniques soigneusement orchestrés.

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Les énormes pneumatiques Michelin (285 mm à l’avant, 355 mm à l’arrière) offrent une motricité exemplaire une fois à température. La transmission intégrale et les aides électroniques, calibrées dans le mode « Handling », interviennent avec discrétion sans brider les sensations. Le résultat ? Une voiture capable de délivrer des accélérations proches de celles d’une Formule 1 tout en restant prévisible et rassurante.

Avec 70 000 litres d’air aspirés par le moteur et les deux prises d’air positionnées directement derrière les têtes des occupants, la sonorité du W16 justifie à elle seule le nom « Mistral ». Quand on sollicite la pédale d’accélérateur, la transformation est saisissante : le moteur passe d’une douceur feutrée à une bestialité hallucinante, dans une montée en puissance qui défie l’entendement.

Des performances stratosphériques

Les chiffres annoncés par Bugatti donnent le vertige : 0 à 200 km/h en seulement 5,6 secondes, 0 à 300 km/h en 12,1 secondes et 0 à 400 km/h en 29 secondes. La vitesse de pointe théorique atteint 450 km/h, bridée à 420 km/h pour les clients. Ces performances astronomiques placent la Mistral dans une dimension à part, rivalisant avec les bolides de compétition les plus extrêmes.

Mais au-delà des chiffres bruts, c’est la manière dont cette puissance est délivrée qui impressionne. Contrairement à certaines électriques qui délivrent leur couple instantanément et peuvent provoquer des nausées, l’accélération de la Mistral, bien que surnaturelle, reste progressive et supportable physiologiquement.

Un roadster pensé pour l’usage

Malgré ses 2 tonnes et ses dimensions imposantes (2,03 m de large sans les rétroviseurs), la Mistral surprend par son confort relatif. L’amortissement piloté filtre honorablement les défauts de la chaussée, tandis que les sièges, bien que fermes, offrent un maintien appréciable. La protection au vent s’avère correcte pour un roadster de cette envergure.

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Une particularité notable : le toit démontable ne trouve pas sa place à bord une fois retiré et doit rester au garage. Si cette contrainte peut sembler regrettable, elle permet d’admirer en permanence le magnifique moteur W16 paré de ses caches en carbone. Ces prises d’air montées sur le toit rendent hommage aux prédécesseurs de la Mistral : la Type 57 Roadster Grand Raid de 1934 et la première Bugatti moderne à toit ouvert, la Veyron 16.4 Grand Sport.

Fiches techniques
Appellation commercialeBugatti W16 Mistral 2025
Moteuren W, essence, 64 S, 7 993 cm3
Puissance1600 ch
Couple1600 Nm
Transmission4x4
Type de boîterobotisee_double

Un art de vivre à la française

L’habitacle de la Mistral témoigne du savoir-faire français en matière de luxe automobile. Carbone et cuir se marient dans une harmonie parfaite, chaque détail révélant un souci de finition exceptionnel. La position de conduite, idéalement étudiée, permet de profiter pleinement du potentiel de cette mécanique d’exception.

La conduite de ce joyau requiert néanmoins quelques précautions. Sa largeur impose une vigilance constante, particulièrement dans les petites routes alsaciennes autour de Molsheim, berceau historique de la marque. Le maniement de la boîte à double embrayage à 7 rapports demande aussi un temps d’adaptation, avec sa sélection du mode Drive en deux coups vers la droite et la marche arrière positionnée en bas à gauche.

La W16 Mistral utilise le même groupe motopropulseur qui a propulsé la Chiron Super Sport 300+ à un record mondial de 304,773 mph en 2019. Cette filiation directe avec les records de vitesse souligne l’ambition de Bugatti de créer le roadster le plus rapide au monde.

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Chaque exemplaire de cette série limitée représente bien plus qu’une simple automobile : c’est un morceau d’histoire automobile, le chant du cygne d’un moteur qui aura marqué son époque. La personnalisation poussée offerte par la marque permet à chaque propriétaire de créer un exemplaire unique, reflet de ses goûts et de sa personnalité.

L’exclusivité absolue

Avec ses 99 exemplaires déjà tous vendus avant même les premières livraisons, la Mistral illustre parfaitement le concept d’exclusivité absolue. À 5 millions d’euros hors personnalisation, elle s’adresse à une minorité d’ultra-fortunés pour qui le prix n’est pas un obstacle.

Cette rareté garantit une valeur patrimoniale exceptionnelle. Chaque Mistral devient automatiquement un objet de collection, destiné à prendre place dans les garages les plus prestigieux aux côtés des légendes automobiles d’hier et d’aujourd’hui.

L’expérience de conduite de cette Bugatti W16 Mistral laisse des souvenirs impérissables. Entre performances époustouflantes et raffinement français, elle incarne l’excellence automobile dans sa forme la plus pure. Un privilège rare que de pouvoir apprivoiser une telle concentration de technologie et de puissance, symbole du génie français en matière d’automobile de prestige.

À retenir :

  • Moteur W16 de 8 litres développant 1 600 chevaux avec 4 turbocompresseurs séquentiels
  • Performances exceptionnelles : 0-300 km/h en 12,1 s, vitesse maximale de 420 km/h
  • Facilité de conduite surprenante malgré la puissance astronomique
  • Série limitée à 99 exemplaires, tous déjà vendus à 5 millions d’euros
  • Design roadster avec toit amovible et prises d’air spécifiques
  • Finition luxueuse alliant carbone et cuir dans la pure tradition Bugatti
  • Dernier modèle à bénéficier du légendaire moteur W16 avant sa disparition