Emmanuel Bret (BYD) plaide pour une TVA réduite à 5,5 % afin de favoriser les voitures électriques

Thomas Renaud

Emmanuel Bret, directeur général adjoint de BYD France, souligne la nécessité d’une TVA réduite à 5,5 % sur les voitures électriques pour stimuler le marché français. Alors que BYD poursuit son développement avec plus de 10 000 immatriculations et une part croissante d’hybrides rechargeables, le constructeur appelle à la simplification des aides fiscales et à la suppression des taxes jugées pénalisantes, afin d’encourager la transition écologique et une mobilité durable plus accessible.

En bref :

  • BYD a franchi la barre des 10 000 immatriculations en France, talonnant des marques bien installées.
  • Emmanuel Bret propose une TVA réduite à 5,5 % sur tous les véhicules électriques pour faciliter leur adoption.
  • Le système actuel d’aides, taxes et éco-score est perçu comme trop complexe et inefficace.
  • BYD prévoit d’étendre son réseau à près de 100 concessions d’ici la fin 2026, avec un développement rapide des modèles hybrides et électriques.
  • La construction d’usines en Europe vise à contourner les droits de douane, tout en maintenant une compétitivité tarifaire attractive.

BYD en France : ambitions, performances et évolution du portefeuille électrique

Le constructeur chinois BYD confirme son succès sur le marché hexagonal avec plus de 10 000 immatriculations enregistrées fin octobre, une progression qui place la marque devant des acteurs traditionnels comme Jeep ou Mazda. Cette dynamique s’appuie sur une offre variée, où le modèle Seal-U DM-i, hybride rechargeable, représente près de 40 % des ventes. Ce véhicule hybride est le plus vendu au monde dans sa catégorie, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour les alternatives à la voiture thermique.

BYD ne se limite pas au seul hybride rechargeable. La montée en puissance des modèles électriques stricts continue, avec une part de marché stable, mais des objectifs ambitieux pour 2026. Emmanuel Bret annonce une croissance significative des ventes hybrides, qui devraient représenter entre 60 et 70 % des volumes en 2026, contre environ 40 % aujourd’hui. Ce basculement traduit une adaptation pragmatique face aux réalités du marché français, où les aides et la fiscalité encadrent fortement les choix des consommateurs et entreprises.

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Par ailleurs, le groupe BYD s’emploie à renforcer son réseau commercial. De 70 points de vente aujourd’hui, l’objectif est d’atteindre près de 100 concessions d’ici la fin de l’année. Ces implantations permettent d’assurer une meilleure visibilité et un service de proximité, crucial pour rassurer des clients parfois encore hésitants devant les nouvelles technologies de mobilité durable. BYD mise aussi sur un taux de conversion d’essais en commandes élevé, avec 50 % des essais se concrétisant par un achat.

Au-delà du volume, l’entreprise s’appuie sur sa capacité d’innovation technologique, notamment sur ses batteries lithium fer phosphate (LFP), réputées pour leur sécurité accrue et leur moindre impact environnemental. La conception intégrée de ses véhicules et la production maîtrisée des composants garantissent une meilleure disponibilité des pièces et un après-vente efficace, ce qui constitue un atout dans le choix d’une voiture électrique ou hybride.

Pourquoi une TVA réduite à 5,5 % pour les voitures électriques ? Analyse du plaidoyer d’Emmanuel Bret

Le directeur général adjoint de BYD France ne cache pas son souhait d’une modification de la taxation appliquée aux voitures électriques. Dans le contexte actuel, la TVA standard à 20 % représente un frein notable alors que le pays cherche à accélérer la transition écologique. Proposer une TVA à 5,5 % pour ces véhicules s’inscrit dans une logique de démocratisation de la mobilité propre.

Cet encouragement fiscal s’accompagnerait d’une simplification globale du cadre d’aides qui aujourd’hui empile dispositifs, éco-score, malus au poids et avantages divers, souvent source de confusion pour les consommateurs comme pour les entreprises. En effet, le marché français souffre d’un recul des immatriculations globales, avec 1,7 million de véhicules neufs attendus en 2026, contre une moyenne habituelle de 2 à 2,2 millions. Le segment électrique, lui, reste à environ 17 % malgré une progression bien plus forte observée en Allemagne ou en Espagne.

En outre, Emmanuel Bret souligne que le système français fragilise les particuliers et les entreprises en limitant l’accès au leasing social ou aux aides pour certains modèles importés. BYD, dont les voitures sont fabriquées en Chine pour l’instant, subit par ailleurs des droits de douane européens complémentaires. Ce contexte rend urgente une révision des mesures fiscales pour éviter que la France ne reste à la traîne dans l’adoption de véhicules à énergie renouvelable.

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Ce système simplifié avec une TVA réduite encouragerait non seulement les ventes, mais stimulerait aussi l’investissement dans les infrastructures de recharge. La pose de bornes dans les centres-villes reste une problématique, alors que les autoroutes bénéficient déjà d’un maillage satisfaisant. Un effort coordonné entre collectivités et État est nécessaire pour accompagner cette transition vers une mobilité durable sur l’ensemble du territoire.

Impacts et bénéfices d’une baisse de la TVA sur la mobilité durable en France

Un abaissement de la TVA à 5,5 % sur les voitures électriques aurait plusieurs répercussions favorables. D’abord sur le prix d’achat, qui reste souvent un obstacle majeur pour le grand public. À équipements équivalents, un véhicule électrique sous une taxation allégée devient nettement plus attractif, rendant cette technologie accessible à un plus large panel d’usagers.

Cela offre aussi un signal clair aux industriels et aux distributeurs, appelés à intensifier leurs efforts pour élargir la gamme et proposer des services adaptés aux besoins locaux. La montée en puissance des hybrides rechargeables dans le portefeuille BYD, ainsi que le lancement prévu de nouveaux modèles plus compétitifs, illustre bien cette dynamique. Par ailleurs, l’intégration verticale des composants permet de maîtriser les coûts de maintenance et d’après-vente, des facteurs part souvent sous-estimés à l’achat.

Une TVA réduite concourrait enfin à renforcer la confiance sur le long terme dans la transition énergétique. Dans une perspective de lutte contre le changement climatique et de développement des énergies renouvelables, faciliter l’acquisition de véhicules peu émetteurs s’accorde avec les objectifs nationaux et européens. Un impact pratique est aussi attendu sur la réduction des émissions polluantes en milieu urbain, un enjeu de santé publique où la mobilité durable déploie tout son potentiel.

Pour accompagner ces changements, il reste toutefois indispensable que le volet infrastructures suive le rythme. Cela exige des mesures d’aide pour l’installation de bornes dédiées, notamment dans les zones denses où le raccordement au réseau électrique est plus complexe. Cela participe à lever les derniers freins psychologiques des consommateurs autour de l’autonomie et de l’usage quotidien.

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Droits de douane européens et stratégie industrielle BYD pour contrer les effets sur les véhicules électriques

L’Union européenne a instauré des droits de douane importants sur les véhicules électriques importés de Chine suite à des enquêtes pointant des subventions jugées déloyales. Ainsi, BYD doit s’acquitter d’une taxe additionnelle de 17 % en plus du tarif standard de 10 %, faisant peser un surcoût non négligeable sur le prix final.

Pour contourner ce handicap, BYD investit dans la construction de plusieurs usines en Europe. Le site de Szeged en Hongrie devrait débuter sa production fin 2025, tandis qu’un second en Turquie est en préparation, stratégiquement placé pour bénéficier des accords de libre-échange. Une troisième implantation pourrait voir le jour en Espagne.

Ce choix industriel traduit une volonté claire de s’adapter aux contraintes réglementaires tout en restant compétitif. La fabrication locale permettra d’offrir des voitures non soumises à ces taxes supplémentaires, ce qui pourrait se traduire par des ajustements tarifaires avantageux pour les consommateurs européens.

Au-delà des coûts, ce positionnement renforce l’image de BYD comme acteur sérieux, compétent et résolument engagé dans la transformation de la mobilité. Cette démarche s’appuie aussi sur un réseau de concessions en plein développement, donnant aux acheteurs un accès plus large à la technologie du leader mondial des batteries électriques.

Le rôle des aides fiscales dans la promotion des voitures électriques selon Emmanuel Bret

Les aides fiscales sont un levier incontournable pour accélérer l’émergence des véhicules à faibles émissions. Emmanuel Bret insiste sur leur simplification pour rendre l’accès direct plus clair et plus juste. L’actuelle juxtaposition de dispositifs liés au leasing social, éco-score ou malus pondéré alourdit le cadre, ce qui pénalise les ventes.

Si certaines nations comme l’Espagne soutiennent uniformément tous les véhicules électriques, la France reste sur une logique très segmentée, parfois difficile à comprendre. Par exemple, l’éco-score français, censé orienter le consommateur vers le choix le plus vertueux, complexifie les calculs et ne favorise que partiellement les VE.

L’instauration d’une TVA réduite à 5,5 % serait une mesure simple, symbolique et efficace, aidant à casser les barrières psychologiques et économiques auprès des acheteurs. En parallèle, le déploiement accéléré des bornes de recharge dans les communes urbaines renforcerait la confiance dans l’utilisation quotidienne.

  • Simplification des aides fiscales pour un accès universel
  • Suppression de l’éco-score pour faciliter la compréhension du consommateur
  • Taxation différenciée : moins pour les VE, plus pour les véhicules thermiques
  • Accompagnement des collectivités pour le déploiement des infrastructures de recharge

En résumé, réduire la taxe et raccourcir les procédures sonnerait comme une invitation claire à la mobilité électrique accessible à tous, condition sine qua non pour atteindre les objectifs de transition écologique ambitieux.