Enjeux de compétence et attractivité dans l’industrie automobile

Léo

Renault

Lors de la Journée de la filière automobile organisée par la PFA, l’électrification a été largement discutée. Dans cette période de transition, l’industrie automobile doit intensifier ses efforts en matière de formation et se rendre plus attrayante pour attirer de nouveaux talents, en particulier chez les jeunes.

Le défi de l’industrie automobile : recruter en période de transition vers l’électrique

Dans un contexte où l’empreinte carbone de la voiture est de plus en plus critiquée, l’industrie automobile peine à attirer de nouveaux talents. Pourtant, elle est confrontée à un besoin croissant de recrutement, en raison de la réindustrialisation et de la transition vers les véhicules électriques.

Lors de la Journée de la filière automobile, qui s’est tenue le 24 octobre 2023, Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie, a souligné l’importance de l’objectif de mettre fin à la vente de véhicules thermiques d’ici à 2035. Selon lui, cet objectif est essentiel pour l’acceptabilité sociale de l’industrie automobile, et il est nécessaire d’expliquer aux jeunes candidats et aux professionnels du secteur ce que l’industrie va faire pour la planète afin d’attirer des clients, des salariés et des investisseurs.

L’enjeu de la formation

Lors de cet événement organisé par la PFA, la thématique du recrutement a été largement abordée, témoignant d’une inquiétude grandissante parmi les acteurs de l’industrie automobile. Une table ronde réunissant Claude Cham, président de la Fiev, Alain Roumilhac, président de Manpower France et Sud Europe, et Luciano Biondo, directeur de Renault ElectriCity, a mis en lumière l’importance de la formation dans la réussite de la transition vers l’électrification.

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Claude Cham souligne la nécessité pour les équipementiers d’avoir une visibilité maximale dans un monde où la prévision à long terme devient difficile. Il estime que la valeur d’un État réside dans son système de formation, qui doit être plus fluide pour s’adapter aux changements à venir. Selon lui, la transition vers l’électrique impacte entre 30 000 et 40 000 personnes, et la formation doit commencer dès l’école primaire.

Former les compétences en interne

Face à cette situation, les entreprises s’organisent pour trouver les compétences nécessaires. Manpower France détache quotidiennement 25 000 personnes pour travailler dans l’industrie automobile et forme 4 000 personnes par an en collaboration avec des organismes de formation partenaires. Alain Roumilhac souligne la nécessité que tous les acteurs travaillent ensemble pour anticiper l’avenir.

Renault a également adopté une stratégie d’internalisation et de mutualisation de la formation. Son site ElecriCity, dans le Nord de la France, cherche à recruter près de 700 personnes en CDI pour atteindre une production de 400 000 voitures en 2025 et de 600 000 véhicules en 2026. Un consortium de constructeurs et de gigafactories a été créé dans les Hauts-de-France pour former les futurs salariés des différents partenaires.

Attirer au-delà de la formation

La création d’un master de l’électromobilité chez Renault témoigne de la volonté d’attirer de nouveaux talents à toutes les étapes de la filière. Luciano Biondo souligne l’importance de prendre en compte les besoins des jeunes, tant sur le plan de la formation que sur les aspects pratiques tels que le permis de conduire ou le logement.

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Les petites entreprises, qui n’ont pas toujours les capacités de former en interne, peuvent compter sur le soutien des syndicats et des organismes tels que l’IUIMM et la PFA pour mettre en place des formations adaptées.

L’industrie automobile doit également faire face au défi de convaincre la jeunesse de s’engager dans cette transition. Alain Mourilhac souligne que l’attractivité de l’automobile est impactée par les enjeux environnementaux, mais que cette problématique concerne également d’autres secteurs tels que l’aéronautique ou la pharmaceutique. Il est essentiel de comprendre les attentes des nouvelles générations et de sensibiliser les jeunes dès l’école aux changements positifs opérés par l’industrie automobile en faveur de l’environnement.